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Juil 23

Marquette-lez-Lille – Des chapons-jupons pour escorter, dimanche, la géante Jeanne de Flandre (La Voix du Nord)

lundi 08.06.2009, 05:09 – La Voix du Nord
par Audrey HALFORD – Photo La Voix du Nord


Les deux chapons-jupons ont été créés par Dorian Demarcq (à dr.), à Lille pour un événement qui s’annonce aussi festif que l’an dernier ! Traditionnellement, à Marquette, la fête des Chapons a lieu le 3e dimanche de mai. La municipalité a retardé cette 41e édition pour la faire coïncider avec « Deûle en fête », ce dimanche. Et cette année, deux chapons-jupons ont été fabriqués pour accompagner la géante Jeanne de Flandre. Ils seront portés par des enfants de la ville.
On voulait que les enfants de la commune puissent participer activement au défilé», explique le maire de Marquette, Jean Delebarre.

En effet, la ville voulait améliorer le défilé en offrant deux acolytes à la géante Jeanne de Flandre. Elle a contacté Dorian Demarcq, artisan d’art et créateur de géants, en novembre 2008. Une seule exigence de la municipalité : créer des chapons-jupons qui pourront être portés par des enfants de Marquette, âgées de 7 à 9 ans. Pour la phase artistique, Dorian a pris le relais en toute liberté : « J’ai fait venir des enfants à l’atelier pour estimer une taille et une largeur moyennes, car ils ont généralement des carrures différentes. Puis, j’ai choisi le matériau papier, qui une fois sec, est costaud mais léger. »Les deux œuvres, démoulées jeudi, ne seront montrées au public que dimanche. Leur confection a nécessité cinq couches de papier et un mois de travail. Une durée raisonnable pour façonner des géants. « Le temps de réalisation varie énormément. Le plus fastidieux, c’est le détail des costumes. Je les réalise de A à Z : dessins, modelage, vannerie, sculpture. Je peux mettre deux à trois mois pour en confectionner un », explique l’artisan.

Quant au mythe du déchirement de l’artiste lorsqu’il se sépare de son œuvre, Dorian ne s’y retrouve pas. « Le géant appartient à la ville qui me l’a commandé. Je fais « naître » un objet, et c’est à la ville de le faire vivre. Je n’apporte que le point central de la fête. La musique, le défilé et les gens viennent l’animer », assure-t-il. C’est d’ailleurs pour l’amour de la fête populaire que Dorian a choisi de créer des géants.

Les enfants des centres de loisirs ont pu visiter son atelier. Ceux qui auront l’honneur de porter les deux chapons-jupons seront sélectionnés dans la semaine, après avoir essayé ces impressionnants costumes.
Ceux qui pourraient trouver cette tradition saugrenue apprendront qu’elle se réfère à l’époque de la comtesse de Flandre, au XIVe siècle. L’hôpital pour les pauvres créé par Jeanne de Flandre fonctionnait grâce aux dons, principalement constitués de volailles, appelées « chapons ». La tradition a été remise au goût du jour en 1968 avec la première fête des Chapons qui se termine par un lancer de volatiles en brioche du haut de l’hôtel de ville.

Et pour le lancer, cette année, une autre nouveauté : une abbaye cistercienne a été spécialement reproduite. Elle sera disposée dans le parc du Vert-Bois.