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Oct 11

Ath – Tout Ath attend sa Ducasse (Le Soir)

Vendredi 21 août 2009 – Le Soir
par Bruno DEHENEFFE


voilà presque 365 jours que les Athois attendent ça… Programmée ce week-end, la majestueuse sortie des géants, désormais labellisés par l’Unesco, mobilise chaque année d’impressionnants moyens humains et logistiques. Bien que parfaitement huilée, la machinerie sur laquelle repose le cortège folklorique a parfois des ratés. Ces mille et uns petits détails techniques dont cette tradition séculaire est tributaire n’échappent pas à Adrien Dupont. L’archiviste de la cité des monstres d’osier collecte depuis 23 ans les incidents de parcours à bord du char allégorique d’Albert et Isabelle. Sur cet imposant vaisseau ambulant dédié aux archiducs à qui Ath doit la reconstruction de son hôtel de ville au XVIIème siècle, il occupe la place de greffier aux côtés du maire et des échevins de l’époque.

Notre scribe tient un registre où il mentionne à l’aide d’une plume à encre les situations parfois cocasses qui émaillent la parade – marathon du dimanche. « Mon rôle est de recueillir les aléas et les rumeurs qui circulent le long du cortège », confie notre interlocuteur.

« Il arrive que des accessoires de certains géants montrent des signes de faiblesse. En 1995, l’aigle à deux têtes a ainsi perdu trois fois son plumet ! L’édition 1999 fut un millésime à embarras. Mademoiselle perdit son sceptre tout neuf et Samson faillit perdre sa colonne. Quant à Goliath, il éprouva les pires difficultés à maintenir sa masse. » Cette année-là, les freins d’un char cédèrent tandis que le commandant des Bleus dû se faire remplacer par un sergent suite à des palpitations.

« J’ai aussi épinglé quelques accidents de roulage. En 2000, il s’en est fallu de peu que notre char n’entre en collision sur la Grand-Place avec le manège des autos-scooters ! Quelques années plus tôt, nous avions accroché les branches d’un arbre à cause d’un virage mal négocié par nos équidés ».

Pas avare de plaisanteries, ni de jeux de mots, l’équipage se plaît à dire que son char « archiducal » est tracté par un moteur… quatre chevaux ! En 1999, une motion prévoit l’acquisition d’une tapette à mouche suite à une invasion de guêpes à la table du conseil ! « Durant le trajet, la météo alimente également nos conversations et fait l’objet d’une retranscription écrite, de même que les écarts entre les groupes et le dépassement des horaires. »

Dans son journal de bord dépeignant l’envers du décor, Adrien Dupont évoque encore les relations parfois tendues au sein du couple formé par Albert et Isabelle, le manque de confort et les parties de cartes auxquelles lui et ses compagnons de route s’adonnent. C’est ça aussi, la Ducasse !