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Fév 25

Bailleul – Carnaval de Bailleul : combien coûte la réussite de la fête ? (La Voix du Nord)

Publié le dimanche 14.02.2010, 05:04
par Amélie Vermeulen – Photo archives Stéphane Mortagne


Cinq jours de festivités, des chars par dizaines, des groupes musicaux venus de Belgique, des Pays-Bas, d’Écosse… Vu du public, le carnaval de Bailleul est un beau spectacle. Côté coulisses, c’est aussi un gros investissement. En temps, en argent… Combien ? Quelques éléments de réponses glanés en coulisses, notamment en mairie et auprès de la Société philanthropique.
Tout un week-end à travailler et des nuits qui ne durent pas plus de quatre heures… C’est la contribution de Norbert Botez – à la direction des équipes techniques de la ville – à la réussite des « cinq joyeuses » de la cité de Mélusine. Comme lui, ils sont une vingtaine des services municipaux à être mobilisés le temps des festivités, pour « installer les signalisations, monter les podiums, les démonter le soir, ramasser tout ce qui traîne… » Car le carnaval de Bailleul n’est pas que le fait des bénévoles de la Société philanthropique et, accessoirement, de celle des Quêteurs. Il repose aussi sur la contribution de la ville, qui met largement la main à la poche. L’aide technique représente environ 1 340 heures de travail, « réparties entre les services techniques, les personnes chargées d’imprimer les programmes, de nettoyer les salles… », énumère Marc Desplanque, directeur général des services.

Un étrange mutisme

Les frais de logistique et de personnel avoisinent les 18 000 E, ce qui en font l’une des principales dépenses. En tout et pour tout, « la ville débourse entre 60 000 et 70 000 E », continue Marc Desplanque. Une aide directe – sous la forme d’une subvention de 35 000 E – est accordée à la Société philanthropique, grand manitou du carnaval. Le reste se décompose entre les frais de personnel et de logistique donc, l’imprimerie (environ 4 000 E), le nettoyage, sous-traité (environ 6 000 E), et un certain nombre de postes de moindre importance.

Le coût global du carnaval reste, lui, un peu mystérieux. Entre 130 000 et 150 000 E, indique-t-on assez évasivement. D’ordinaire bavards, les chevilles ouvrières du carnaval le sont beaucoup moins, en effet, quand il s’agit de parler sous… Pourtant, les Bailleulois sont parmi les premiers à contribuer à la fête, en participant de façon directe, dès le début d’année, à la traditionnelle quête orchestrée par la Philanthropique : toutes les maisons sont alors visitées, « et il est rare que les gens ne donnent pas, ne serait-ce qu’un petit quelque chose ». Subventions, quêtes, la Philanthropique a aussi ses propres financements. Les bals et buvettes qu’elle organise permettent de boucler un budget particulièrement difficile à équilibrer, si l’on en croit Christophe Fruleux, président. Parmi ce qui coûte le plus cher ? Le cortège, bien évidemment. La société a recours à un impresario pour dénicher les groupes musicaux qui animeront le défilé. Lesquels représentent un coût moyen qui se situe entre 2 000 et 3 000 E , estime Christophe Fruleux. La notoriété et la provenance des musiciens influencent les prix. Venu d’écosse, le Hawick Pipe Band est cette année celui qui aura coûté le plus cher.

Comparativement, les groupes locaux « ont peanut’s » : 400 E en moyenne, auxquels s’ajoute un petit « plus » pour les deux ou trois « meilleurs », jugés sur leur beauté mais aussi sur l’attitude des carnavaleux. Une somme qui peut paraître négligeable prise individuellement, mais qui l’est moins une fois multipliée par le nombre de chars (une quarantaine). « C’est très loin de couvrir nos dépenses », indique par exemple Maurice Vitse, président de C’Qui, qui évalue à 2 500 E ce que coûte à l’association le carnaval de Bailleul.

« On s’en sort grâce aux quelques sorties qu’on effectue dans l’année. Les premières années, on a aussi mis un peu de notre poche. »