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Mar 06

Tourcoing – Le baptême du feu pour Sébastien Roye, nouveau porteur du Duc d'Havré (La Voix du Nord)

Publié le samedi 27.02.2010, 05:08 – La Voix du Nord
par Bruno Deram


Le Duc d’Havré est impressionnant sous la toise, avec ses 4,80 m. Mais, grâce à l’osier de son armature, il reste étonnamment léger, avec ses 60  kg. C’est tant mieux pour le porteur, surtout lorsqu’il officie pour la première fois. Ce sera le cas pour Sébastien Roye, ce week-end…

Fabrice Simon, porteur attitré du Duc d’Havré, ne peut participer au week-end géant 2010, ce qu’il regrette bien. Mais, lui qui a participé à la construction (« l’accouchement », dit-il) du géant tourquennois, et aussi de bien d’autres, a pu se consoler en partie, vendredi après-midi, dans le hall de la mairie de Tourcoing, où il a rencontré et initié Sébastien Roye, celui qui portera le Duc sur ses épaules.

« Sébastien est un beau bébé ! », lance Fabrice Simon, visiblement rassuré par la stature du nouveau porteur de géant. Un « beau bébé », effectivement, d’un peu plus d’1,80 m pour 100 kg. Autant dire que ce gaillard de 30 ans ne se laissera pas facilement « embarquer » par le Duc … Avec une hauteur de plafond permettant au géant tourquennois de déployer toute sa taille, le hall de la mairie est le lieu tout trouvé pour une prise de contact entre le porteur en titre et son apprenti. « Il ne faut surtout pas regarder ses pieds, prévient le porteur expérimenté.

Ce serait le meilleur moyen de tomber. Il faut regarder devant, par la petite fenêtre ménagée dans le tissu. » L’ouverture n’est pas très large… Mais le géant tourquennois a sa cour, formée par les membres de la confrérie festeuse du Duc d’Havré. Et les courtisans se chargent d’éviter tout danger lors des évolutions du personnage, prévenant son porteur des obstacles possibles. « Une simple plaque d’égout légèrement enfoncée dans la chaussée peut faire tomber le géant », souligne Fabrice Simon. Il poursuit son initiation, devant son élève concentré. « Attention à ta manière de marcher, il faut adopter une marche coulée, à base de petits pas, pour assurer la fluidité de déplacement du géant . » Vu sa hauteur respectable, le Duc ne risque-t-il pas de basculer, entraînant son porteur ? Fabrice Simon ne le craint pas pour une raison bien simple : « Quand c’est bien conçu, c’est comme une pyramide : tout le poids du géant est en bas. Un peu comme un culbuto. Et si le porteur craint d’être déséquilibré, il lui suffit de poser immédiatement le géant sur ses roulettes. » Sébastien est encouragé par son amie Roxane et les enfants, Alexis et Angela, 4 et 6 ans. À ses côtés, également, sa maman, qui n’est autre que Francine Coppens, de l’association « 49 +, la bande dessinée » (elle a créé la tête du Duc), et Francis Catteau, président de la Confrérie festeuse. Le maire, Michel-François Delannoy, et Michel Van Tichelen, adjoint, viennent aussi le soutenir.

Pour lever le géant, c’est un coup à prendre. Accroupi à l’intérieur du personnage au squelette de bois et d’osier, il faut le soulever avec les épaules et se mettre debout. « Si le géant penche vers l’avant, la seule chose à faire est de pousser avec les mains les deux éléments de l’armature de bois, devant toi, ce qui permettra de le stabiliser », prévient Fabrice Simon. Son apprenti fait ses premières évolutions avec le Duc, évitant les pas… de géant comme recommandé. Il apprend à marcher, mais aussi à tourner sur lui-même, pour les rigodons, sans aller trop vite. « Tu te débrouilles bien », lui lance le porteur expérimenté. De très bon augure pour le baptême du feu de Sébastien. Samedi comme dimanche, il portera le géant tourquennois tout au long des deux km du parcours. « Après avoir porté le poids dans l’axe de la colonne vertébrale pendant plusieurs heures, on ressent un léger tassement. » Fabrice parle en connaissance de cause, avec cette nuance rassurante : « Mais dès le lendemain, c’est fini ». Vu la carrure de Sébastien, on n’a pas trop d’inquiétude pour lui…