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Avr 27

Steenvoorde – La Belle Hélène souffle ses trente bougies (L'Indicateur)

mercredi 06.01.2010, 14:00
Par Christine Duchâtelet


Une des plus anciennes géantes de la région

Remontée en 1980, la Belle Hélène, géante des Amis de Gambrinus, trouve les premiers écrits de son histoire en 1853. Ce qui fait d’elle le plus ancien des géants de Steenvoorde

Du haut de ses 4,30 mètres, la Belle Hélène, géante de Steenvoorde au visage angélique, souffle, en toute discrétion ses trente bougies en 2010.

Fidèle à elle-même, la géante portée par les Amis de Gambrinus le célèbrera discrètement, sans grand tintamarre. Mais cette discrétion fait parfois oublier que la Belle Hélène est dans l’histoire de la cité de Jean le Bûcheron, la plus ancienne géante de la ville. Les premières traces de la présence de la Belle Hélène dans un cortège de Mi-Carême remonte à 1853.

En 1974, Pascal Cnockaert et une bande de copains d’une quinzaine d’années se passionnent pour les géants et créent les Amis de Gambrinus. « Nous avions envie d’avoir notre géant » raconte Pascal Cnockaert, fondateur. Pour lui donner vie, les jeunes adolescents s’inspirent du médaillon d’un estaminet et créent un petit géant porté de 2,5 mètres, Gambrinus. En 1977, le petit Gambrinus prend de la hauteur et atteint les 4 mètres. Mais son armature d’acier est bien trop lourde à porter, le géant est baladé sur roulettes. Dans le même temps, les jeunes gens des Amis de Gambrinus adhèrent à l’association de la Ronde des Géants qui constate la disparition des géants dans le Nord. « Il n’était plus que 70 en 1976 » se souvient Pascal Cnockaert, ancien président et fondateur des Amis de Gambrinus.

Recréée à partir du patrimoine oral

Au fil des réunions alarmistes de la Ronde des Géants, les Amis de Gambrinus décident d’apporter leur pierre à l’édifice en redonnant naissance à l’ancêtre des géants steenvoordois, la Belle Hélène. Pascal Cnockaert se souvient avoir découvert son histoire sous la plume de Geo Hennebelle dans nos colonnes. Il part alors à la recherche d’éléments qui lui permettront de redonner vie à la belle, inspirée d’une marchande de fleurs, présente sur les marchés. « Nous nous sommes basés sur le patrimoine oral en interrogeant des anciens qui avaient vu défiler la Belle Hélène. Elle avait plusieurs surnoms. Beaucoup l’appelait la mannequine » raconte Pascal Cnockaert. Les Amis de Gambrinus donnent alors naissance, « sans plan, sans filet », à une jolie jeune femme au visage angélique, les cheveux noués dans un carré rouge, « plus flamand que le chapeau de paille relaté par les anciens ». En 1980, la Belle Hélène signe sa première sortie lors du carnaval d’été. Mais la cohabitation avec l’autre association de géants se révèle alors houleuse. Les Amis de Fromulus, organisateurs du carnaval d’été, n’incluent pas la Belle Hélène dans le cortège en 1981. Peu importe, les Amis de Gambrinus s’invitent au défilé avec un corbillard en signe de protestation. Depuis la Belle Hélène fait partie des géants de la ville.

Les Amis de Gambrinus, aujourd’hui présidés par Dominique Dewaele, le revendiquent haut et fort, « Nous sommes une association de porteurs », passionnés par les géants portés ou tractés ou sur roulettes. Pascal Cnockaert refuse de faire la différence. « Un géant pour vivre doit sortir, participer aux fêtes. Il se peut que pendant un temps, il n’y ait plus de porteurs mais qu’avec le temps, les porteurs reviennent. C’est une passion, un héritage qui se transmet. Si le géant ne sort plus, il tombe dans l’oubli » s’insurge le fondateur des Amis de Gambrinus. Lui aussi a craint la disparition de la Belle Hélène lorsque la géante eut la figure abîmée. « Elle a passé l’hiver à Marseille, où je l’ai réparée » raconte Pascal Cnockaert, alors résidant dans la cité phocéenne pour son emploi, mais très attaché à sa ville natale Steenvoorde. « Si je ne l’avais pas fait, elle aurait disparu » raconte le fondateur de l’association.

Au cours de ses trois décennies, la Belle Hélène a changé trois fois d’apparence. A sa création, la géante est faite de carton pâte et est coiffée avec des tresses. Ce n’est qu’en 2005, pour son 25e anniversaire, qu’elle sera faite de bois et d’osier.

Discrète, la Belle Hélène parcourt de nombreux kilomètres tout au long de l’année. En 2009, elle a parcouru 3 000 kilomètres de Limoges à Birmingham (GB) en passant par Saumur, accompagnée de la Philharmonie de Steenvoorde ou de l’Harmonie de Cassel. « La Belle Hélène a rencontré 250 géants au cours de l’année » s’amuse Pascal Cnockaert, animateur du site internet. De belles sorties figurent encore en 2010 à son agenda comme le carnaval d’été de Steenvoorde ou les dix ans du Caou à Merville.