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Juin 21

Douai – Jeanne Fouge : un projet géant réalisé par des élèves handicapés et valides (La Voix du Nord)

Publié le mardi 15.06.2010 à 05:05
Par J.F. Guibert – Photo La Voix du Nord


Étant élèves du groupe scolaire Amédée-Fougerousse et Jeanne-Georg, les enfants ont logiquement baptisé leur géante Jeanne Fouge. Elle a été présentée hier en compagnie d’une exposition retraçant la genèse du projet.

« Comme pour un enfant, il aura fallu neuf mois pour l’accoucher », rappelait hier Laurence Tabary, l’enseignante qui avait fédéré ce projet de géante, née de l’union des talents d’une classe de CLIS d’Amédée-Fougerousse et d’une autre de CM1 de l’école Jeanne-Georg. Des établissements situés rue d’Alsace-Lorraine, au faubourg de Béthune.

L’opération répondait ainsi, à sa manière, à une demande de l’inspection de l’Éducation nationale qui souhaitait que les écoles se mobilisent autour du thème « reflets et résonances ». « Ce qui a été fait, a expliqué Bruno Bufquin, adjoint au maire, puisqu’à la Mouchonnière, ils ont travaillé sur la mine. À l’école Sévigné, ils ont fait des géants, et à Jean-Jaurès, ils ont installé leurs dessins dans les entrées des immeubles de la rue des Glacis. » À Jeanne-Georg, ainsi qu’à Amédé-Fougerousse, où on accueille 130 enfants du quartier et 65 autres en CLIS, on a donc choisi de réaliser une géante. Plus de 2 mètres de haut, des yeux verts, une robe arc-en-ciel, un collier de perles multicolores et un cartable rose sur le dos. Elle a fière allure. La cloison mobile qui la cachait encore au regard des invités ayant eu un peu de mal à s’ouvrir, il a fallu patienter. Mais le résultat était à la hauteur des espérances. Roulement de tambour, souffles retenus. Elle était enfin là.

Mme Tabary en a profité pour remercier celles et ceux qui ont apporté leur aide à l’opération. « Armand, le bricoleur, Anne, Pacôme et Mlle François. » « Nous sommes allés voir la famille Gayant, Handy et celui de Courchelettes », a-t-elle ajouté. Il ne restait plus alors qu’à se mettre au travail. L’armature a été réalisée en grillage, recouverte de plâtre et peinte, avant d’être vêtue. Hier, elle a même esquissé un pas de danse avant que les enfants ne retournent dans leurs classes respectives et que les parents découvrent l’exposition. Mais dès aujourd’hui, tous les enfants du groupe scolaire vont défiler avec leurs enseignants afin d’apprécier à leur tour le travail accompli.

« Un bel exemple, pour M. Paluch, le directeur, de ce qui se fait ici. Car, entre valides et handicapés, comme le disait la chanson inspirée d’Émilie Jolie, pas de différence et ils sont tous très fiers de leur école pas ordinaire, où certains peuvent suivre un cours de maths en CM2, puis retourner en CLIS pour le reste et bénéficier de séances d’orthopédie en plus. Ils partent en classe de neige ensemble, ils partagent leurs classes. Ils ont appris à vivre ensemble. » Et lors de la fête de l’école, qui aura lieu samedi, le spectacle sera bien évidemment commun.