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Août 24

Douai – Sous son chapeau de chef de protocole, Bruno Lucidarme fait vivre les Gayant (La Voix du Nord)

Publié le lundi 12/07/2010 à 05:04
Par Gwenaelle Lavenant – Photo Sami Belloumi (La Voix du Nord)


Il a l’élégance d’un dandy venu d’outre-Manche, mais il n’y a pas plus Douaisien que lui. Car personne en ville ne peut mener M. et Mme Gayant par le bout du nez comme Bruno Lucidarme. Et pour cause, son rôle, à lui, c’est chef de protocole. Il gère l’équipe des porteurs des parents Gayant.

Sous la jupe de Marie Cagenon, il fait une chaleur de tous les diables. Un petit goût d’enfer pour les six porteurs qui font danser M. Gayant et sa bien-aimée, dans la rue de la Mairie. Il en faut peu pour s’en rendre compte : les chemises blanches sont à essorer, et les fronts luisants témoignent de l’ardeur de la tâche.

Ils étaient deux nouveaux, cette année, à intégrer l’équipe des porteurs : « C’est difficile, la première fois », témoigne Bruno Lucidarme, le chef de protocole. Lui-même a été porteur pendant vingt-cinq ans. Et depuis trois ans, il officie en tant que chef d’équipe, succédant à son oncle, André Lucidarme, décédé cette année (lire plus loin).

Certes, les géants ne sortent qu’à l’occasion des fêtes de Gayant. Et ne suivent pas le cortège : ils sont trop lourds – 620 kilos à eux deux. Mais hier, jour de défilé, c’était un gros morceau à passer. « J’étais au garage à 6 h 45 ce matin. » Les géants en sont sortis à 8 h, pour rejoindre la cour de l’hôtel de ville, pour le rigodon. Comme si l’épreuve était trop facile, le thermomètre a, lui aussi, approché des sommets. « C’est caniculaire ! lance le chef en s’essuyant le front. Mais quand il pleut, c’est difficile aussi, les géants sont plus lourds. L’idéal, c’est 18, 20 degrés ». Pour cela, on repassera une prochaine fois… Des passages difficiles, Bruno Lucidarme en a des souvenirs. En tant que porteur : « Pendant les travaux du tram, ça, ça m’a marqué. On marchait sur la zone en chantier, il fallait faire attention où on posait les pieds, c’était dur ! » Alors qu’importe le ciel, les géants sont toujours là. « Même si moi je ne suis plus à l’intérieur, c’est toujours de grands moments », explique Bruno Lucidarme. « Ça se termine, pour moi, le mardi soir, quand les géants sont rentrés sans encombres ». En tant que gestionnaire, c’est une lourde responsabilité. Ainsi que faire en sorte que les porteurs tiennent le coup : « Je les motive, pour monter la rue de la Mairie. Quand on l’a déjà fait, on sait que c’est dur. Alors il faut les pousser. » Et ils y arrivent, forcément.

Au prix de gros efforts, sûrement. Mais aux yeux du public, seul subsiste le regard conquérant de Gayant. Vu d’en bas, on n’aperçoit pas l’ombre d’une goutte de sueur des porteurs, cachés dans leur fournaise. Le public n’y voit que du feu. Ainsi s’accomplit la mission de Bruno Lucidarme et de ses porteurs.

Il faut six porteurs pour soulever chacun des parents Gayant. L’équipe est étoffée de deux remplaçants, et d’un joueur de tambour.