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Sep 17

Bourghelles – À Bourghelles, Gilbert le géant attend de voir sa tête pour être baptisé (La Voix du Nord)

Publié le lundi 20/09/2010 à 05:14
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ar Carine Bausière – Photo La Voix du Nord


Depuis plus d’un an, une petite équipe d’élus et de bénévoles se sont penchés sur un projet de taille : donner un géant à la commune. Alain Haverbeque, conseiller municipal chargé de l’animation et des fêtes, lève un coin de l’imposant voile, avant la présentation officielle aux habitants le 19  septembre.

D’où vient cette idée de créer un géant ?

« Nous avons récupéré un peu par hasard une structure en osier, dans un grenier. Il s’agissait d’un morceau de tronc de géant. C’était il y a quelques années déjà, et à l’époque, nous avions proposé aux enfants des centres aérés de bricoler dessus l’été. Mais ce n’était pas si facile. Alors finalement, nous nous sommes posé une question : pourquoi ne pas utiliser cette base pour créer un véritable géant dans le village ? »

Comment le projet a-t-il pris forme ?

« Il a fallu rassembler des têtes pensantes et des personnes habiles de leurs mains pour former une équipe. parce qu’il faut penser à tout. Par exemple, ici, à Bourghelles, on ne pouvait pas imaginer un géant porté. Le village n’est pas assez plat, les rues montent et descendent de tous les côtés ! C’est une question de sécurité, pour le porter comme pour le public. Nous avons donc construit une armature à base de tassots, de grillage posés sur un plancher et des roues. Au final, le géant mesurera quand même quatre mètres cinquante de haut. »

Et pourquoi un géant et pas une géante ?

« C’est vrai, on s’est posé la même question, en plus large : un humain, un animal, un homme, une femme ? Nous cherchions quelqu’un de représentatif du village, et plus un « humain » qu’un animal. Nous avons fini par tomber d’accord sur Gilbert de Bourghelles, un chevalier qui a vécu ici du XIIe au XIIIe siècle. C’était une personnalité politique très importante qui signa notamment le traité de Chinon du 18 septembre 1214, qui marque la capitulation de la Flandre face au roi de France après la bataille de Bouvines. Après ce dernier acte public, il s’est retiré dans son manoir de Quiquempois, voilà pourquoi il est aussi connu, surtout à Villeneuve-d’Ascq, sous le nom de Gilbert de Quiquempois. »

Où en êtes-vous de sa construction ?

« La base est terminée, plusieurs femmes lui ont cousu ses vêtements. Le tronc en osier est maintenant équipé de mains. Il ne manque plus que la tête en résine, qui est fabriquée par un professionnel. Nous ne voulions pas qu’il ait un air hautain. Nous avons privilégié un aspect calme, posé, serein. Comme ça, nous n’avons pas été obligés de lui construire des armes pour l’équiper ! C’était un choix à faire. Nous ne voulions pas d’un géant belliqueux. »

Par qui sera-t-il parrainé le 19 septembre ?

« Avec l’association Bourghelles en fêtes, nous préparons une grande journée d’animation autour de sa présentation officielle. Huit géants devraient nous rejoindre. Gilbert sera entouré de son parrain, Jehan d’Estaires, et de sa marraine, la Belle Hélène de Steenvoorde. Et pour le sortir, dans l’année, nous sommes à la recherche de bénévoles. Notre porte est toujours ouverte ! »