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Sep 02

Ath (B) – La tête de Goliath en 3D ? C’est géant ! (L'Avenir.net)

Publié le mercredi 31 août 2011 à 08h00
Par Daphné Demitri


Grâce à son scanner, Gérald Tilmant garantit à sa façon l’avenir des têtes des géants.

Gérald Tilmant aime tellement les géants qu’il utilise la technologie de son entreprise de relevé de bâtiments patrimoniaux pour… les têtes des géants.

Qui ne se battrait pas pour être au plus près des géants lors de la ducasse ? La technologie de Gérald Tilmant permet désormais de pallier ce manque. Mais c’est surtout son souci de préserver les chef-d’œuvre de l’humanité qui occupe l’ Athois.

Son travail actuel est de permettre une modélisation en trois dimensions du patrimoine culturel afin d’être certain que ces joyaux mondiaux, en cas d’accident, puissent être reproduits à l’identique.

« J’ai été formé par des tailleurs de pierre donc je connais un peu l’histoire de la pierre, comment c’est dessiné »confie-t-il. Sa passion pour les vieilles pierres l’a poussé tout naturellement vers un travail du genre. À la base topographe, l’homme s’est spécialisé dans la photogrammétrie, technique permettant de mesurer l’espace à partir de photos ou images numériques. « Pour mes projets, c’est toujours le même procédé : un scan en trois dimensions et de la photogrammétrie ». Grâce aux relevés des bâtiments classés effectués par son scanner, un architecte ou un tailleur de pierres a directement l’information sur son ordinateur et cela facilite son travail de reconstruction.

Son premier marché, c’était il y a six ans au Canada « C’était un mémorial et la pierre était fortement endommagée. Il fallait donc la changer tout en reproduisant par après avec exactitude les noms inscrits sur cette pierre » explique-t-il. La précision du scanner a permis à l’entreprise de conquérir d’autres marchés.

En Belgique, celle-ci est l’unique détentrice de ce type de matériel. La technologie du scan en 3D commence à se développer et est très utilisée en France pour les relevés de bâtiments classés.

L’ Athois a d’ailleurs beaucoup de réalisations à son actif. Hôtels de ville de Tournai et Bruxelles, Église de Rouen ou encore Arc de Triomphe ont affronté son scanner. C’est un tout autre défi qu’a relevé Gérald pour sa ville. « L’année dernière, lors de la ducasse, un ami porteur m’avait expliqué qu’il existait des moules des têtes des géants. Et connaissant mes activités, il m’a demandé si je ne pouvais utiliser ma technologie pour les têtes des géants. J’ai donc proposé mes services à la ville. »

Gérald a déjà procédé au scan de six des géants afin d’assurer leur avenir. « Si le bâtiment brûle, j’ai une sauvegarde informatique des données sur les têtes des géants. Donc on pourrait refaire des moules avec une précision millimétrique. On pourrait même imaginer de refaire un moule à une échelle un tout petit peu plus petite pour pouvoir refaire identiquement le même moule au-dessus »explique-t-il.

Un clone 3D

Et les têtes, c’est loin d’être le plus complexe des travaux pour le topographe. Un scan à droite, un autre à gauche du géant « pour supprimer un maximum de zones d’ombre car scanner de face ne permet pas d’obtenir toutes les informations. Le scanner effectue alors un balayage laser d’une tête de géants en seulement une vingtaine de minutes ».

Par après, armé de logiciels pour boucher les trous, faire du placage de photo sur le scan etc, Gérald peaufine alors le scan et réalise un modèle en trois dimensions de la tête. La précision est d’ailleurs déconcertante. «C’est de l’inframillimétrique. Le scanner enregistre les millions de points de la tête en trois dimensions X, Y, Z et ça fait des millions de points dans un ordinateur. La précision est telle qu’on peut voir un poil de barbe sous tous les angles » explique-t-il.

Une journée a été nécessaire par géant. Il ne lui reste plus que le cheval Bayard, qui se montre résistant… « Il est très sombre. Et le scan ne passe pas. Je devrai réessayer pendant la nuit pour remédier à ça ».

En plein « chantier » virtuel à Paris pour l’Opéra mais aussi à la cathédrale Sainte-Catherine de Bruxelles, les journées de cet Athois sont bien remplies. Il pourra présenter son travail avec fierté au prochain collège communal. ¦