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Déc 13

Hazebrouck (F) Babe Tisje et Zoon Tisje s'offrent une cure de beauté (L'indicateur des Flandres)

Publié le mercredi 16.11.2011 à 14:00
par C.Duhot-Beun

Entre émotion et enthousiasme, les restaurateurs, Michel Deswez et Audrey Spas, ont oeuvré dans le respect du patrimoine qui leur était confié.

Voici déjà plus de trente que Babe Tisje promène ses cheveux en bataille et sa bouille malicieuse. Son frère, pourtant aîné, l’a rejointe il y a seulement treize ans.

Le temps était venu pour les Amis de Tisje Tasje, leurs propriétaires, de leur offrir une petite cure de beauté.
Nos géants sont vivants, ils n’ont pas qu’allure humaine : ils vivent »: Martine Salomon, présidente de l’association Les Amis de Tisje Tasje, et Michel Six, responsable des géants, forts de ce constat ont jugé utile de leur offrir une révision. Les géants sont parfois malmenés : le transport, le stockage, le montage et le démontage, les intempéries, toutes les manipulations auxquelles ils sont soumis et parfois l’enthousiasme du public finissent par les abîmer. Afin de les remettre en état, l’association a fait appel à une artiste plasticienne, Audrey Spas. Celle-ci, soucieuse de faire appel à des acteurs locaux, s’est tournée vers Michel Deswez, artisan vannier à Cassel. L’état des lieux dressé par les deux professionnels a fait apparaître différentes petites séquelles, rien de bien grave.
Les interventions ont porté sur trois registres : esthétique, pratique et structurel. Ce que le public averti remarquera au premier regard, ce sera probablement le panier de Babe Tisje qui a été réalisé par Michel Deswez et qui abrite un superbe lièvre au pelage brun (ces mêmes observateurs auront constaté que, dans le panier de la Babe Tisje du rond point situé à l’entrée de la rue Notre Dame, le pelage du lièvre est… gris).
L’aspect structurel a consisté à remplacer tous les éléments en rotin par des éléments en osier, plus souple et imputrescible. Le corps et le buste de Zoon Tisje ont ainsi été consolidés. Les coudes écorchés et les bras fissurés de Babe Tisje ont été pansés avec soins.
Côté pratique, les deux restaurateurs ont tenu compte de l’expérience des porteurs. C’est ainsi qu’ils ont agrandi les fenêtres afin que leur champ de vision soit plus confortable lorsqu’ils animent les géants. Ils les ont dotés de moustiquaires pour les préserver des confettis qui finissent le plus souvent dans leur nez ou leur bouche. Le système d’accroche du panier, par sangles de cuir, sera tout à la fois plus commode et moins traumatisant pour le buste de la géante.

Rénovés de la tête au pied
Après toutes ces émotions, Babe Tisje méritait bien un bon shampooing : sa perruque, réalisée par l’Opéra de Lille, a été lavée. Sa mascotte a été toilettée. Les réparations ont été masquées. « J’ai voulu conserer le caractère jovial des visages » : une esthéticienne n’aurait pas fait mieux. Les bustes et les mains n’ont pas été oubliés. Le tout a été réalisé dans le respect du travail originel.
Entre les deux restaurateurs, le courant est bien passé. « On a réfléchi, avec Michel. On touche au patrimoine » déclare Audrey Spas. La plasticienne, créatrice de la géante de l’école de Caestre, Calystegia, avait expérimenté le travail de l’osier à cette occasion. « Michel m’a montré les bons gestes » confie-t-elle. « Ce fut enrichissant, une belle expérience humaine » avouent-ils de concert. Cet aspect humain de l’opération rejoint l’esprit de l’association des Amis de Tisje Tasje qui poursuit, discrètement et efficacement, les activités philanthropiques qui sont les siennes depuis 1928. L’équipe de bénévoles participera dans quelques jours au Téléthon. Zoon Tisje, moulinet dans une main, gaufre dans l’autre, quittera le musée qu’il partage avec sa famille et apportera son sourire à l’opération.