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Mar 21

Saint-Omer (F) – À 50 ans, c'est l'heure du bistouri pour le géant Batistin (La Voix du Nord)

Publié le lundi 27/02/2012 à 05:25
Par Amélie Laroze – Photo La Voix du Nord

Claude Bélard, Jean-Marie Flandrin... Les membres de l'AFMA au chevet de Batistin.

Batistin n’est pas dans son meilleur jour. Sa tête est sur l’estrade, son corps est étendu sur des pieds en bois. À 50 ans, le dernier géant de Saint-Omer se prépare à connaître une nouvelle jeunesse.

Pinces coupantes, mètre, grillage… Une salle d’opération un peu particulière est créée autour du géant. « Ses ossements ne résistent plus trop, il est sûrement tombé plusieurs fois », explique Jean-Marie Flandrin, vice-président de l’Association des faubourgs et du marais audomarois (AFMA). On découvre alors la structure en métal d’origine de Batistin. Rouillée et oxydée, elle est le témoin de cinquante années d’activités dans l’Audomarois. « Il est né en 1952 lors de la ducasse du Bachelin », raconte Rémy Colin, président de l’association. « Il représente les jardiniers du marais », poursuit Jean-Marie Flandrin. Mais le président rétorque : « On ne sait pas vraiment si c’est un jardinier, certains ne veulent pas qu’on le décrive comme ça. » Son chapeau de paille, son arrosoir et sa pipe lui en donnent pourtant l’allure.

Une plongée dans l’histoire

Cette cure de jouvence est l’occasion, pour les membres de l’association, de percer quelques secrets du géant quinquagénaire. Bernard Ponseel, le vice-secrétaire, se lance dans une démonstration : « On s’est rendu compte que ses bras et sa tête sont articulés grâce à une poignée. » Et ce mécanisme, datant de 1952, n’avait pas été réalisé au hasard. « Ça permettait d’arroser les gens avec de l’eau de Cologne qui provenait de la pharmacie Saint-André, située rue de Calais. » Pendant que Jean-Marie Flandrin et Claude Bélard se chargent de renforcer la structure d’origine du géant, Rémy Colin et Bernard Ponseel livrent les autres secrets qui se cachent dans la tête de Batistin. « Elle a été faîte en papier mâché avec des documents et livres de l’époque. En les lisant, on revient cinquante ans en arrière. Aujourd’hui, ils seraient sûrement de collection. » La tête est encore en bon état, petite particularité cependant, il manque le haut du chapeau. « On l’a perdu en roulant sur l’autoroute », sourit Rémy Colin. Autre sujet de discussion, la pipe du géant. Le président de l’association argumente : « Elle est en réalité une boîte de conserve, donc j’aimerais bien la changer. Même si je sais qu’à quatre mètres de haut ça ne se voit pas. » Dans un autre coin de l’estrade, les chaussures « taille 47 » de Batistin attendent que son propriétaire retrouve la forme. À l’intérieur, des toiles d’araignées, mai aussi des confettis, témoignent des nombreux moments de fête auxquels il a participé. « Encore deux ou trois soirées de travail et il sera prêt. Le plus long c’est surtout d’installer le grillage et le plastique », constate Claude Bélard. Ces deux matériaux vont permettre d’offrir une nouvelle silhouette à Batistin. Restera ensuite à y ajuster ses vêtements. « Batistin a toujours porté un pantalon, ce qui n’est pas le cas des autres géants qui ont une robe », précise Bernard Ponseel. Première sortie publique du géant le 15 mars à la bibliothèque de Saint-Omer.

En attendant, il reste du travail aux chirurgiens de l’ombre. L’association est ouverte à toute forme d’aide. Elle apparaîtra également dans un reportage présentant ses actions dans le marais, dans l’émission Des Racines et des ailes, le 7 mars à 20 h 35 sur France 3.

Contact AFMA, Jean-Marie Flandrin : 03 21 98 37 52.