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Fév 23

Godewaersvelde (F) – Mil Trommelaere sur son trente et un grâce aux couturières de Godewaersvelde (La Voix du Nord)

Logo_VDNPublié le 23/02/2011 à 04h11
Par Marc Le Tellier

À la demande de la municipalité de Godewaersvelde, les mains agiles de l’association De Fil en aiguille ont refait à l’identique le costume de Mil Trommelaere. Le géant, créé en l’honneur du premier joueur de tambour des Volontaires, Émile Desmulie, est fin prêt pour le carnaval, dimanche. Les couturières bénévoles ont rempli le contrat. En groupe et dans la bonne humeur.

VDN_Godewaersvelde-mil-trommelaere-sur-son-trente-et-unQuand j’ai vu le costume, je me suis dit « les souris ont fait un bon repas ». Il était usé, moisi, il ne ressemblait plus à rien », se souvient en riant Claudine Maerten, la présidente. Impossible, dans ces conditions, d’inviter Mil Trommelaere au carnaval 2011. Sauf à le rhabiller de pied en cap.

Les dix couturières de De Fil en aiguille, peu habituées aux patrons si gigantesques, disent « oui » à la mairie, à la recherche de costumières. Tant pis si les couleurs criardes du modèle, chemise orange, jupe bleu électrique, foulard rouge, gênent le sens esthétique de quelques adhérentes. « Ce n’est pas Venise », sourit l’une d’elles. Mais réhabiliter un costume rend hommage à un homme, à l’harmonie, à une fête, à un pan du patrimoine festif local. Deux des adhérentes, Cécile Devos et Martine Lefebvre, s’étaient prêtées au jeu avec Djoos le bouleur, géant de Boeschèpe.

Au mois de septembre, la première a remis le couvert sous les conseils de Michelle Caignaert, seule « vraie » couturière de l’association. Comprenez couturière de profession. À ce titre, elle a réalisé un gabarit en papier crépon. Assez simple. Les manches amovibles, reliées à l’emmanchure par un élastique, sont une réplique à l’original. La grosse tête du géant a posé davantage de problèmes. Le tissu du bonnet a dû être coupé en biais pour qu’il tienne. « Ça devrait aller, à moins qu’il y ait vraiment beaucoup de vent », déclare Michelle Caignaert.

Mine de rien, le costume a demandé environ quinze mètres de tissu, de la grosse toile solide, et quatre-vingts heures de travail aux couturières qui ont toutes fait « au moins un point ». Seraient-elles prêtes à renouveler l’expérience ? « On l’a fait volontiers.

C’est un échange de bons procédés avec la mairie, qui met la salle à notre disposition et nous a octroyé une subvention exceptionnelle pour le tissu et le matériel. Mais on ne pourrait pas le faire régulièrement. » Aucune des couturières n’est costumière, ni… alpiniste ! Les essayages de décembre, quand l’oeuvre s’est achevée, ont été acrobatiques, quand bien même la structure du géant était scindée en trois parties dans les locaux du centre socioculturel.

Les petites mains du mardi préfèrent, dans l’ensemble, se consacrer à leurs propres ouvrages : « On fait ce qu’on veut ici, c’est une détente, un plaisir. » Un loisir, d’accord, mais avec le souci du travail bien fait, et quelque part, une once de fierté. Claudine Maerten et ses amies espèrent voir Mil Trommelaeresortir « en d’autres occasions qu’au carnaval. Au moins à la ducasse, ce serait bien ».