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Mar 05

Tourcoing (F) – Nouveau géant parmi les géants, Augustin porte l’identité des quartiers Phalempins et Belencontre (La Voix du Nord)

Logo_VDNPublié le 02/03/2014
Par Adrien Delerue – Photo La Voix du Nord

Les habitants des Phalempins et Belencontre sont satisfaits : leurs mascottes paraderont devant des milliers de personnes.

Les habitants des Phalempins et Belencontre sont satisfaits : leurs mascottes paraderont devant des milliers de personnes.

Il incarne la fierté des habitants de Belecontre et des Phalempins qui auront eu besoin d’un an pour le mettre sur pied. Dimanche, lors du Week-end Géant huitième édition du nom, Augustin, quatre mètres d’osier, paradera pour la première fois devant des milliers de spectateurs. Autopsie d’un personnage hors-norme.

On a fait connaissance chez lui, rue Ingres, au centre social Belencontre-Phalempins. Augustin, trois mètres cinquante, quarante kilos, entrera dans la cour des grands, ou plutôt celle des géants, dimanche, à l’occasion de la huitième édition du week-end consacré aux hommes de son envergure. S’il n’a pas encore de tête et de mains (elles arriveront bientôt de l’atelier d’un artisan), Augustin de Belempins en impose. Il est le fruit d’un travail combiné d’une vingtaine d’habitants des deux quartiers qui, pendant un an, ont œuvré à lui donner une identité. «  Cette année plus que les autres, nous avons tenu à ce que les riverains s’impliquent dans cette fête qui leur est dédiée  », n’a cessé de marteler Djill Achiba, adjoint à la culture.

La conception d’un géant repose sur un plan de bataille bien défini. Avant de se jeter sur leurs paires de ciseaux, les petites mains de l’atelier ont fouillé dans les archives. «  Il était essentiel que notre bonhomme ait une histoire fidèle à ce que représente la vie ici  », glisse Gérard Chaubiron, directeur du centre social Belencontre. Le géant d’osier ne pouvait donc pas ressembler trait pour trait à Clémentine du Virolois, l’autre nouveau géant, qui sera également baptisée ce week-end, quelques heures avant le défilé dans le centre-ville.

De la géométrie pure et dure

«  Augustin est un ouvrier du textile, commence à raconter Denise Noppe, 76 ans, avec entrain. C’est un homme très occupé par la culture de son potager.  » La légende raconte qu’un jour, de façon inexpliquée, ses légumes sont devenus énormes et qu’Augustin lui-même a commencé à grandir, grandir, grandir… «  La magie !  », sourit Frédéric Cnockaert, secrétaire de la confrérie du carnaval de Tourcoing, qui peine à expliquer l’engouement des habitants des deux quartiers pour leur géant d’osier.

Doté d’une histoire, Augustin a aussi une belle carcasse. «  Il a fallu découper au millimètre les pièces de bois  », commente Denise Noppe. De la géométrie pure et dure, «  pas forcément le moment le plus amusant  ». Puis visser, coller et tresser l’osier. Pour le costume, qui d’autre que Caroline Cnockaert ? On retrouve la Tourquennoise à l’écart, planté devant sa machine à coudre. «  Ce n’est pas la mienne, donc j’ai moins de repères, lâche-t-elle, sans détourner le regard de l’aiguille. Mais celle-ci me permet de changer moins souvent de canette.  »

Vingt mètres de tissu

Le temps presse. Caroline Cnockaert n’aura eu qu’un moins pour concocter une panoplie sur mesure. Un «  travail de titan  » qui aura exigé plus de vingt mètres de tissu. Même pas peur pour cette maman énergique au palmarès étoffé : «  J’ai déjà fait deux fois le costume de Frère Jacques, une fois celui de Jeanne et une fois celui d’Hortense. La couture, c’est mon dada !  »

En parlant de dada, un autre personnage hors-norme fait irruption dans le centre social. Chocoflash, un cheval ambulant réalisé par les enfants des deux quartiers. Là encore, Frédéric Cnockaert s’émerveille : «  Je n’ai fait que ramener les pièces nécessaires. Pendant un an, chaque mercredi, les enfants ont tout fait, du dessin à la conception.  » À l’instar d’une cinquantaine d’autres géants, Augustin de Belempins et son canasson paraderont dimanche sous le regard de milliers de spectateurs. Les habitants des Phalempins et Belencontre s’époumoneront alors à entonner une ode à leur mascotte. Dont voici quelques lignes du refrain : «  Les amis d’la Champi ou d’l’usine Tiberghien ont bien cherché comment Augustin, petit ouvrier né à Tourcoing, devint Augustin, géant de Bélempins.  »

(Note) Vendredi 7 mars, à 19 h 30, un court-métrage retraçant les étapes de la fabrication d’Augustin de Bélempins sera projeté à l’auditorium de la médiathèque Andrée-Chedid, 156, rue Fin-de-la-Guerre.

Dimanche, à 10 h 30, baptême des deux nouveaux géants dans leurs quartiers respectifs.

Deux fois plus de parades cette année

Cette année encore, le Week-end Géant, rituel incontournable de la vie tourquennoise, veut s’imposer comme l’une des plus grandes fêtes de la région. Il aura lieu samedi et dimanche, de 14 h à 19 h. Au rayon des nouveautés de cette huitième édition, quatre (et non plus deux) cortèges de géants sont organisés sur les deux jours, au départ de quatre quartiers de la ville : Bourgogne et Brun Pain samedi ; Belencontre et Virolois dimanche. Tous convergeront vers la place Hassebrouck à 16 h pour le rigodon final. « On essaie à chaque fois de se renouveler, souligne Frédéric Cnockaert, secrétaire de la confrérie du carnaval de Tourcoing. Après le géant des Floconneux l’an dernier, nous en aurons deux nouveaux ce week-end (lire ci-dessus). » Pour s’assurer du succès de leurs nouvelles mascottes, la municipalité a offert 20 000 euros aux quartiers Bélencontre-Phalempins et à la MJC Virolois. 80 000 euros supplémentaires ont été débloqués pour l’organisation de l’événement.

La semaine géante

La fête se prépare en amont pour les Tourquennois. Inédite aussi, la semaine géante du 1er au 7 mars : « Nous avons mis en place une palette de spectacles, ateliers, rencontres à destination de tout public », précise Djill Achiba, adjoint à la culture. Ainsi, trois compagnies parqueront leurs caravanes dans les médiathèques de la ville, afin d’y jouer des spectacles de marionnettes. Dans la même idée, mais cette fois dans les MJC et centres sociaux, une compagnie proposera des ateliers de création de spectacles miniatures, « pour jouer sur le relief avec les géants », dixit Djill Achiba. Enfin, des histoires de géants seront contées aux enfants dans les médiathèques.

Pour le reste, les organisateurs tablent sur la formule classique. Il y aura des géants (plus de cinquante venus de toute la région), des fanfares (dont Orpheon Jazz Band, la compagnie tourquennoise), les harmonies de la ville (qui proposeront des concerts uniques juste après les défilés). L’an dernier, quelque 10 000 spectateurs s’étaient succédé sur les deux jours. La météo avait été clémente… « On a réservé le soleil pour nos géants », plaisante-t-on à la ville. Il serait dommageable, en effet, que le ciel leur tombe sur la tête.