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Avr 21

Cassel (F) – Karl Bellynck sera ce lundi le nouveau docteur Kakiskof du Four merveilleux du carnaval

Logo_VDNPublié le 19/04/2014
Par Christophe Le-Bas

Karl Bellynck, 45 ans, est un habitué du carnaval. Depuis plus de trente ans, il participe aux soins du docteur Kakiskof, à bord du Four merveilleux.

Petite révolution dans le monde du carnaval casselois, le Dr Kakiskof change de tête. Dès demain, le Four merveilleux sera dirigé par Karl Bellynck. Carnavaleux depuis son plus jeune âge, il a endossé tous les costumes, de l’humble figurant au mitron en passant par le Diable. Mais toujours à bord du Four merveilleux, qu’il dirigera pour la première fois.

Grands yeux bleus, cheveux clairs, voix sereine… Le nouveau Dr Kakiskof s’offre les traits de Karl Bellynck, Casselois de toujours. « Il y a un peu de pression la première fois. Après tout, je ne suis pas animateur. Mais je connais le cérémonial par cœur et, une fois dans l’ambiance, ça devrait aller. Il faut donner de la crédibilité et de la prestance au Dr Kakiskof.

À 45 ans, l’homme qui va redonner la vue aux aveugles et redresser les bossues est un vieux routard du carnaval de Cassel. À bord du Four merveilleux depuis « 32 ou 35 ans », Karl Bellynck a occupé tous les postes, à l’extérieur comme à l’intérieur du char. « J’ai fait la fille pendant plusieurs années, puis le diable. J’ai aussi fait le feu dans le char avant de devenir mitron. J’aurai pu rester encore longtemps à ce poste, mais il fallait un nouveau docteur. »

« C’est notre identité, il fallait un Casselois »

Après trente ans dans la peau du Dr Kakiskof, Bertrand Buyssechaert a raccroché le haut-de-forme. La relève s’est donc organisée. On cherchait un Casselois. « Ça, c’est important. C’est notre identité, il fallait un Casselois pour faire le docteur », assure Karl Bellynck.

Membre de l’association des Amis de Reuze papa et de Reuze maman, il a postulé. Et a été choisi. Ancien d’Arc International et aujourd’hui technicien de maintenance sur des machines de tôlerie, rien ne destinait Karl Bellynck au poste d’animateur en chef du Four merveilleux. Son dernier fait d’armes théâtral remonte à l’inauguration du collège Robert-le-Frison de Cassel. « Je jouais le rôle de Robert le Frison à l’époque. Là, avec le Dr Kakiskof, c’est autre chose. C’est un poste clef. C’est lui qui coordonne les étapes de pétrissage, les chants, la musique… Les gens sont tournés vers le docteur. J’ai appris par cœur les textes à chanter et surtout les transitions. C’est ce que je connaissais le moins, car on y prête un peu moins attention. Même si après trente ans de char… » On finit par connaître la chanson ? Et pourtant, il restait à se glisser dans les habits du docteur.

La veste, le chapeau, le pantalon, le nœud papillon. Il ne manquera aucun des accessoires de la panoplie du faux médecin, qui enfilera pour la toute première fois sa tenue de scène le matin du carnaval. « On adapte un peu les habits, mais c’est tout. Les gens découvriront le nouveau docteur à 14 h 30. Personne ne l’aura vu avant », assure Karl Bellynck.

S’adapter au docteur et non adapter le docteur

Le Dr Kakiskof de2014 sera un peu différent : « La voix change, la personnalité change, le physique aussi… » Mais, à part ce lifting esthétique, la révolution s’arrête là. « On ne peut pas changer les vêtements car le carnaval est classé à l’UNESCO. Et c’est une bonne chose. Le but n’est pas d’ajouter sa touche personnelle, mais de s’adapter au personnage. Même si j’apporterai, peut-être, un peu de mon calme au docteur. »

Un léger dédoublement de la personnalité, l’espace d’une journée de carnaval. « C’est un défouloir. On change un peu de personnalité une fois qu’on a enfilé le costume. Je suis festif naturellement, mais je ne suis pas un animateur. Là, il va falloir l’être. », s’amuse Karl Bellynck.

Sous les feux de la rampe et des critiques

Déjà, il reçoit des SMS d’encouragement, sans compter le soutien d’une partie de son public. « Toute la famille sera là pour l’encourager », affirme Virginie, sa compagne.

Malgré tout, le nouveau docteur sera sous les feux de la rampe et, donc, exposé aux possibles critiques. « Ça ne m’effraie pas du tout. Je suis content et fier de participer à cette fête. J’accepterai les critiques en fin de carnaval mais, si c’est pour me conseiller en vue de l’année prochaine, il est possible que j’aie tout oublié d’ici là ! »

Et après tout, si on le critique de trop près, il sera toujours temps pour le Dr Kakiskof de vous passer dans son four. Il paraît même qu’il a déjà des noms de « victimes » pour cette année…